Dans un des cachots du Palais Synodal, sous la salle de l'Officialité, on remarque un évêque et un chevalier du Temple. Ils sont là, depuis plus de 600 ans, immobiles. Leurs traits figés furent gravés dans la paroi sombre d'un mur par un malheureux, qui y avait été détenu assez longuement pour pouvoir enfoncer profondément dans la pierre le trait de son dessin.
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Un premier guichet donne entrée dans une cellule voûtée en berceau, communiquant avec une seconde donnant elle-même accès à une troisième. La première cellule, très étroite, complètement privée de jour n'était pas destinée à enfermer un prisonnier, mais une trappe posée sur son pavé signale l'existence d'un cachot souterrain particulièrement redoutable.

C'est une pièce carrée, où ne pénètre aucune lumière et que seul aère un trou de cheminée. Pour tout mobilier, dans un coin, un siège d'aisance. Une échelle ou une corde permettait d'accéder à ce cachot plein de nuit, d'où toute évasion était absolument impossible. Comme si l'on eût redouté pourtant une tentative de percement de la muraille, de larges bandes de fer posées en diagonale bardent la paroi, du côté de la cave du palais, d'un appareil liant entre elles toutes les pierres en un bloc inattaquable. Cette fosse est mentionnée dans les comptes parvenus jusqu'à nous sous le nom de " Rollet ".


La seconde cellule, voûtée en berceau comme la première, est elle aussi très étroite. Une fenêtre minuscule s'ouvre à la naissance de la voûte et laisse passer quelques timides rayons. La troisième, beaucoup plus vaste, voûtée sur nervures, reçoit d'une étroite fenêtre très haut placée et munie d'un abat-jour de pierre, une lumière également parcimonieuse. Est-ce cette cellule que les comptes appellent " La Gillette " ?

Il reste enfin un quatrième cachot, aménagé de même façon, et qui semble avoir été le lieu de réclusion d'un plus grand nombre de prisonniers. On y pénètre par un étroit vestibule dont la porte s'ouvre sur la salle. Le jour, ici encore, est réduit au minimum. Une hotte de pierre masque le soupirail ouvert sur la cour de l'archevêché et ne laisse pénétrer qu'une lumière reflétée. Dans la pénombre, les prisonniers ne devaient pas prendre garde qu'au-dessus d'eux une ouverture était pratiquée dans la muraille occidentale. Cette ouverture donne sur une logette d'où un surveillant invisible pouvait épier les détenus et saisir les dangereuses confidences qu'il leur arrivait sans doute d'échanger entre eux.

(Source : SENS, Ville d'art et d'histoire. Monseigneur René FORREY)
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